Déchets alimentaires : la collecte aux 4 coins du monde, c’est comment ?

Par 22 février 2021Actus, Les actus Syctom

Partout dans le monde, principalement dans les métropoles, la collecte des déchets alimentaires se développe progressivement depuis près de dix ans. Les initiatives sont diverses, teintées de particularités territoriales et culturelles. Tour d’horizon de plusieurs initiatives à l’échelle de grandes villes internationales.

Auckland, la mégalopole pionnière

En 2012, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande s’est fixée un objectif ambitieux : réduire de 30% ses déchets non recyclables en 6 ans.

Pour cette mégalopole de 1,5 million d’habitants, soit le quart de la population nationale, la collecte des déchets alimentaires fait partie des grands enjeux environnementaux. En 2012, une solution a été testée durant quatre mois auprès de 2 000 foyers sur les 490 000 foyers que compte la ville. Doté d’un chariot de 6 litres pour la cuisine et de sacs compostables, chacun a été invité à trier ses déchets alimentaires, avant de les déposer dans un bac en bord de trottoir.

Une fois par semaine, un véhicule équipé d’un système de chargement semi-automatique sur le côté est venu récupérer les déchets. Pour accompagner ce dispositif et trouver des pistes d’amélioration, les agents de la ville ont rencontré régulièrement les citoyens mobilisés dans le test. Cette expérimentation a permis de récolter 2 500 tonnes* en un an, avec, à la clé, la production de compost. Le déploiement de cette collecte à l’ensemble de la population d’Auckland est prévu au cours de l’année 2021, avec un objectif de 50 000 tonnes* collectées chaque année.

Copenhague, la chasse au CO2

Au Danemark, la ville de Copenhague a mis en place une collecte des déchets alimentaires pour les entreprises et l’ensemble des ménages en septembre 2017. Aujourd’hui, 300 000 foyers, soit environ 600 000 habitants, sont concernés. La plupart d’entre eux vivent dans des petites habitations regroupées en plusieurs logements. Pour eux, la collecte s’effectue une fois par semaine.

Près de 20 000 villas bénéficient également de cette collecte, avec la possibilité de partager un bioseau entre deux foyers. Cette solution à deux apporte une réponse au manque d’espace dans les cuisines pour le stockage des contenants. La collecte est, dans ce cas, programmée toutes les deux semaines. Cette fréquence s’intensifie en été, pour limiter les odeurs et insectes.

L’initiative a été bien accueillie par la population, même si les émissions de CO2 dues au transport de ces déchets ont soulevé des inquiétudes, vite dissipées. En effet, des calculs émanant de la ville de Copenhague ont pu montrer que l’impact du CO2 sur l’environnement était compensé par la production de biogaz pour le chauffage urbain.

Milan, face au défi logistique

Cette métropole italienne est considérée, elle aussi, comme une ville pionnière pour la collecte des déchets alimentaires. C’est qu’elle a commencé très tôt. Dès 2012, le dispositif lancé auprès des entreprises, écoles, restaurants et supermarchés, a ensuite été étendu à tous les ménages.

Ils ont alors été équipés d’un panier aéré de 10 litres, d’une poubelle à roulettes, de 25 sacs compostables et d’un dépliant d’information. Cette dotation systématique ne s’est pas faite sans mal. Pour faire face aux difficultés logistiques dues à la mise en place de ce vaste dispositif, une carte des logements et une planification importante de l’approvisionnement, de la livraison et des imprévus ont été définies.

Le dispositif, qui concerne dorénavant 1,4 million d’habitants, a aujourd’hui atteint sa vitesse de croisière. 140 000 tonnes* sont collectées chaque année, puis transformées en compost et en biogaz permettant la production d’électricité et de biométhane injecté dans le réseau urbain.

Oslo, le tri par couleur

Également mobilisés, les 660 000 habitants de la capitale de la Norvège produisent en moyenne 25 kg de déchets alimentaires par personne et par an. Particularité de cette collecte, les papiers de cuisine souillés sont acceptés à condition d’être dépourvus de savon.

Autre spécificité, des sacs de couleur verte réservés à la collecte des déchets alimentaires et de couleur bleue pour les plastiques sont diffusés gratuitement dans les supermarchés. Les sacs sont collectés tous ensemble, par ramassage en porte-à-porte ou par apport volontaire en bordure de trottoir et dans des stations de recyclage. Ils sont alors acheminés dans des centres de tri optique, avant d’être transformés en biogaz pour alimenter notamment les bus de la ville d’Oslo et les camions de collecte. Pour sensibiliser les citoyens, une large campagne de communication a été diffusée dans les médias et sur l’espace public. En appui, la ville d’Oslo a fait appel à des célébrités norvégiennes pour relayer le message et augmenter son impact.

New-York, l’enjeu financier

Pour la Ville de New-York, le défi est à la mesure du pays. Depuis 2017, 750 000 ménages représentant une population de 3,3 millions d’habitants, 750 écoles et plus de 100 institutions trient leurs déchets alimentaires.

Une distribution gratuite de poubelles brunes a été organisée dans toute la ville, accompagnée d’actions de sensibilisation des résidents. Ce dispositif, complété par la collecte et le transport des déchets, représente un budget de 30 millions de dollars. Au final, cette économie est investie au service de la production d’énergie propre et de compost.

Cet investissement vise à réduire l’impact environnemental des décharges et des émissions de gaz à effet de serre. Il trouvera un véritable équilibre financier, quand les propriétaires et régies d’immeuble participeront massivement à ce programme de collecte. D’ici là, des points d’apport volontaire ont été aménagés pour les habitants près de certaines stations de métro et bibliothèques.

Cajica, exemplaire en Amérique Latine

Engagée très tôt dans un programme de collecte en porte-à-porte des déchets alimentaires, cette ville colombienne proche de Bogota a valeur d’exemple en Amérique latine.

Depuis 2008, les services de gestion des déchets de Cajica ont mis en place une collecte hebdomadaire auprès des 25 000 personnes, représentant une population de 88 000 habitants, et des écoles. Chaque foyer a été équipé d’un bioseau en plastique ajouré. Il sert à l’évacuation du liquide produit, déversé dans les conduites d’eaux usées pour limiter l’accumulation d’algues et d’odeurs gênantes ; Une pratique qui, chez nous, serait fortement déconseillée ! Des sachets de riz et de blé, enrichis en micro-organismes, leur ont également été remis : mélangés aux déchets alimentaires, ils facilitent le compostage et réduisent les odeurs. Au total, 480 tonnes* sont collectées chaque mois, puis transformés en compost pour l’agriculture.

Séoul, une collecte payante high tech

Fin du tour d’horizon avec la capitale de la Corée du Sud. Les déchets alimentaires, qui doivent obligatoirement être séparés des déchets ménagers, y sont collectés dans des poubelles dites « intelligentes ». 6 000 sont réparties dans la ville. Équipées d’une balance et d’un système innovant, elles pèsent les sacs déposés par l’habitant avant paiement au moyen d’une carte d’identité. Ce système de dépôt payant incite chacun à réduire au préalable le poids des déchets, en éliminant l’humidité qui constitue 80% de son poids. Cette réduction profite aux résidents qui minimisent leur frais de dépôt, mais également à la ville coréenne qui a pu économiser 8,4 millions de dollars en frais de collecte en 6 ans, représentant une réduction de 47 000 tonnes* de déchets.

Ainsi collectés, les déchets produisent du biogaz ou de l’engrais et des aliments pour animaux.

Les informations développées dans cet article répondent à une approche technique et humaine. Elles sont issues d’un travail de recherches d’expériences et de vérifications au moyen d’échanges ou de recherches complémentaires.  

*Pour connaître l’équivalence en valorisation matière : rubrique Equivalo du site mesdechetsalimentaires.fr

 

Publié le 22 février 2021

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