Moins de gaspillage, plus de tri

Par 21 décembre 2018Actus, Les actus Syctom

La question est fréquente. Parler de valorisation des déchets alimentaires ne revient-il pas à encourager le gaspillage ? Eh bien, non : à la condition toutefois de faire du réflexe anti gaspi un mode de vie. En pleines fêtes de fin d’année, voici 8 explications et conseils pour agir.

Le gaspillage alimentaire : qu’est-ce que c’est ?

C’est le fait de jeter des aliments qui, avec un peu de précautions, auraient pu être consommés. Le gaspillage s’observe par exemple chez le producteur, le commerçant, le restaurateur et le consommateur. Il peut concerner : de petites quantités comme une assiette non terminée ; ou des gros volumes comme une palette de produits dont la date de péremption a été dépassée.

Les volumes gaspillés sont-ils quantifiés ?

Des chiffres existent. Ils montrent que de gros efforts sont à fournir par les consommateurs et les professionnels. Aujourd’hui, en France, le gaspillage alimentaire représente 20 à 30 kg par personne et par an (dont 7kg jetés emballés), soit 160 euros par personne et par an (source ADEME).

Qu’est-il prévu pour lutter contre ce phénomène ?

Élaboré en 2013, le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire prévoit de réduire ce gâchis de 50% en 2025. Atteindre cet objectif nécessite une mobilisation générale d’un bout à l’autre de la chaîne de production et de consommation avec des comportements plus précautionneux des denrées.

Comment un consommateur peut-il s’y prendre ?

Refuser le gaspillage alimentaire revient à changer un peu d’angle de vue dans la vie quotidienne. Désormais, chaque geste est réfléchi, parce que chaque geste compte pour protéger les ressources de la planète. Au quotidien, cela se traduit par de nouveaux réflexes : établir la liste des courses dont on a besoin, adapter les achats aux besoins réels, vérifier les dates de péremption, conserver les produits avec soin, cuisiner les restes, donner la part en trop à un voisin, s’assurer régulièrement de la validité des provisions au fond du placard…

La notion de lutte contre le gaspillage n’est-elle pas plus large ?

Elle dépasse effectivement les seuls consommateurs en concernant aussi les producteurs, les commerçants, la grande distribution comme les transporteurs. Moins gaspiller les aliments amène à moins gaspiller en général. Chaque acteur a une responsabilité, notamment les professionnels : produits en vrac pour éviter les emballages, cadeaux fabriqués localement, choix des circuits courts, dons aux associations, tarifs réduits sur les denrées approchant de la date de péremption…

Pour les fêtes, est-il possible d’appliquer ces bonnes mesures ?

Moins gaspiller, c’est du 1er janvier au 31 décembre, y compris les jours de fêtes. Or le gaspillage augmenterait de 40% lors des festivités de fin d’année. Là encore, quelques réflexes aident à tenir le cap des soirées anti gaspi : raccourcir le temps de l’apéritif pour passer à table avec appétit, servir de petites parts pour qu’il ne reste rien dans les assiettes, proposer aux invités de repartir avec les restes de plats pour ne pas les jeter, conserver et accommoder les surplus du repas.

Que fait-on des déchets alimentaires spécifiques lorsqu’ils existent ?

La meilleure des attitudes est de tout faire pour ne pas avoir à jeter. Quand le déchet alimentaire est là, après un repas, le bon geste consiste à le trier et, grâce à la mise en place d’une collecte et d’un traitement spécifiques, à le valoriser en biogaz (donc en énergie) ou en engrais naturel (comme le compost). Trier les déchets alimentaires : c’est ce que peuvent faire les ménages et les professionnels engagés dans l’expérimentation conduite par le Syctom jusqu’en mars 2021. C’est ce que tout le monde peut faire aussi à la maison en compostant à titre individuel les restes de repas. Le passage à la nouvelle année étant l’occasion de prendre de bonnes résolutions, s’équiper en composteur est possible et facile même en ville.

Concrètement, que faire des déchets alimentaires occasionnés par des repas de fête ?

Il existe effectivement des mets spécial fêtes. Ils génèrent des déchets que l’on a moins l’habitude de trier. Lorsqu’une collecte est organisée, les coquilles d’huîtres et de moules comme les têtes de crustacés (langoustines, crevettes…) se trient dans le sac transparent biodégradable des déchets alimentaires.

Moins de gaspillage, davantage de tri, voilà qui contribue aussi à la magie des fêtes !

En savoir plus

Crédit photo : Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

Publié le 21 décembre 2018

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